Nos gestes sont une force

perceuseAffiche
Dimension 1.37 x 1.47
Gravure sur bois
2007

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La main en l’air tenant une perceuse fait allusion à une lutte
armée, un mouvement révolutionnaire. Hors il ne s’agit pas
d’une arme mais d’une perceuse (celle la même utilisée
pour percer les trous de la plaque de tirage). Ainsi, il y a un
jeu entre le point représentant le tirage sérigraphique destiné
à la masse, tel que Warhol se l’était approprié, et ici, le
trou, réalisé à la perceuse, travail manuel répétitif représentant
la masse elle-même.
La perceuse, utilisée comme une arme de propagande,
devient alors l’outil de tous les possiblesOLYMPUS DIGITAL CAMERAVue de l’atelier durant les tirages.

La chambre lumineuse

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Cette sculpture a été élaborée pour La chapelle St Léonard dans le cadre de « Arts et chapelle – 2015 ».

 

J’ai installé une machine qui irradie la chapelle de lignes de lumières qui tournent tels les faisceaux d’un phare ou le balai d’un écran radar qui sans cesse gravite dans l’espace.

Bien que son aspect métallique et bricolé soit dissonant par rapport à la chapelle, elle l’épouse en réalité cDSCF6939complètement. La forme qui semble sortie d’un arsenal industriel dessine une croix de Malte dont les proportions découlent  directement des dimensions de la chapelle de façon à ce que la lumière projetée arrive parfaitement en pied de mur et sur toute sa hauteur.

 

Lors de la fabrication, j’ai disposé un appareil photo à l’intérieur de la machine en cours de construction et pris 4 clichés correspondant aux 4 vues possibles depuis  chaque ouverture.  J’ai traduits ces images d’atelier en bandes puis en lames, rognées une à une pour reproduire l’image. J’ai barré ainsi au regard  l’intérieur de la machine et figé ce moment de fabrication qui cherche à se projeter.

 

Cette lumière qui tourne évoque une ronde cultuelle, une prière, et  invite le spectateur à y pénétrer. La machine devient le chœur de cette chapelle mais nous lui restons extérieurs, ne pouvant en percevoir le centre. Le regard est arrêté par ces lames de bois qui, tel un brise-vue, bloquent notre vision. Même sur les murs les lumières projetées nous laissent étrangers à une scène dont nous ne percevons que les raies lumineuses filtrant au travers d’un store mais dont nous sommes pourtant aussi  fugitivement les figurants.

 

Sur les murs les raies lumineuses dessinent des scènes et le spectateur comme dans un mobile lumineux, par son ombre portée devient fugitivement le figurant.

Série : Les grilles (auto-portrait)

Il s’agit d’une grille ou plutôt d’un panneau noir perforé de milliers de trous. Chaque trou, réalisé à la perceuse, perfore le support et en laisse passer la lumière. D’un geste répétitif telle une chaîne d’opération continuelle disparaît trou à trou le panneau pour devenir une maille légère. Mise à la lumière avec un peu de recul, se révèle une image.

Le trou reprenant le point sérigraphique utilisé dans la reprographie industrielle (presse, affiche), n’est pas ici le fruit d’un process industriel utilisé pour la diffusion de masse. Il est la répétition besogneuse d’une action et devient au final le pouvoir du « faire ». C’est le détournement de la technique industrielle, représentant le conditionnement, la normalisation de l’espace social et urbain, à une dimension expressive. Ce geste là, celui de l’ouvrier à la chaîne, celui qui me réduit devient ici la possibilité d’expression.

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Auto-portrait – 2006 – Dimension 1.75 x 2.70 Panneau médium perforé

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Empreintes de gestes

2 portions d’empreintes de colle de carrelage étalée à la spatule sur une surface courbe. Ces empreintes sont moulées, tirées en résine et montée sur structure circulaire en bois et acier avec un trépied support.

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2 x 6 empreintes de gestes sur piétement- Dimension 1.80 x 0.92 x 2.50m – 2011

L’assemblage de tirage des empreintes moulées transforme par la répétition le geste aléatoire d’étalage de colle en une organisation géométrique de type caléidoscopique. Les lignes forment des motifs qui par le multiple se répètent de façon circulaire créant un jeu optique entêtant. Le geste est magnifié, n’étant que portion au départ, il devient ordre circulaire fini.

L’ensemble forme une portion de sphère, forme particulière puisque qu’elle définit une position spécifique – son centre comme lieu de regard. Cette forme conditionne spatialement le spectateur en soumettant un point de regard, elle instrumentalise renforçant de surcroît ce jeu optique entêtant.

Balise

Une hélice tourne sous l’action du vent et met en rotation sur un axe vertical un plan intérieur avec DSCF6693face blanche et rouge. Une tôle perforée carène l’ensemble, les diamètres de perforations varient pour former une image qui apparait suivant la position du plan par contraste. L’orientation des pales de l’hélice se modifie en fonction de la vitesse de rotation sous l’action d’une force centrifuge (principe de l’hélice de Darrieux – vitesse constante).DSCF6669

Cette sculpture évoque les cardinales de navigation, sauf qu’ici la lumière est métaphorique : l’image fait apparaître le visage d’un homme tenant de très près une ampoule qu’il souligne par son regard.

La balise (posée sur son socle de transport) – 2014 – Matériaux : métal   – Dimension 3.24 x 0.93 x 0.93mDARRIEUX 1DARRIEUX 2Détail élice